nanara : mai 2019

Le climat relativement froid de janvier ne nous a pas empêché de nous réunir pour entendre et exprimer nos attentes par rapport au projet.

Plusieurs personnes ont parlé de pouvoir de langage, des termes et des concepts issus des sphères universitaires intégrés dans nos discussions quotidiennes. Il était difficile de savoir si les termes utilisés n’étaient pas nouveaux pour les interlocuteur.ice.s. Personne ne connaissait leur sens exact. Comment alors les définir avec nos propres mots?
Faisant appel à nos propres expériences, lectures et imaginaires, nous les comprenons chacun.e à notre manière. Qu’est‐ce que l’intersectionnalité ? Qu’est-ce le féminisme essentialiste ou queer ? Les mots valises comme cyber‐féminisme et éco‐féminisme d’où viennent ils ? Qu’est-ce qu’on veut dire par la mixité choisie ?comprenons chacun.e à notre manière.

Nous avons rêvé de moments en mixité choisie pour lire et échanger nos idées. Pour Nanara, la mixité choisie se traduit par des rencontres entre les personnes touchées par les multiples dissymétries produites par les sociétés patriarcales. Les femmes, les lesbiennes, les trans, les inter-sexes, les personnes non-binaires et toutes les personnes qui ont besoin de partager autour des pensées et des écrits féministes. Les contours de cette définition restent souples et sont constamment rediscutés. La démultiplication des débats sur la discrimination de la catégorie sociale des « hommes cis » dans certains espaces politiques ne fait pas partie de nos préoccupations.

Le but de nos rencontres est plutôt de partir de nos identités multiples, nos parcours et nos visions du monde. Le groupe n’est pas homogène et n’est pas constant, pour laisser ainsi la possibilité de s’approprier un espace pour aborder les différents sujets concernant le genre et le sexe.

Pendant une première permanence, par exemple, nous avons lu des textes sur la jinéologie. Logie comme science et jin en kurde signifie femme, donc une science développée par les femmes kurdes pour la libération des femmes. Nous avons proposé ces lectures pour aborder les thématiques autour du patriarcat et du colonialisme. Aussi pour échanger nos critiques autour de l’essentialisme dans sa complexité. Les récits sur les luttes menées par les femmes révolutionnaires kurdes nous fascinent et intriguent. A l’échelle mondiale, ces résistances sont une bouffé d’air pour beaucoup de femmes en lutte et donnent du courage pour les révolutions à venir. Nous lisions des textes, chacune notre tour. Ensuite nous revenions sur les passages qui nous interrogeaient. Lors des échanges nous nous sommes rendu compte des différentes interprétations possibles des textes. En effet, la difficulté à saisir certaines subtilités
sans se plonger dans l’histoire sociale, politique et culturelle kurde proposait de nouveaux horizons à explorer. Certaines d’entre nous ont eu la chance de participer aux rencontres féministes internationales à Francfort en octobre 2018 et étaient attachées à ces lectures qui donnaient l’occasion de partager cette expérience.

Une autre fois, nous avons joué au jeu « Femmes de l’histoire » des Éditions Libre, pour parler des figures exclues des romans nationaux. Nous avons découvert des femmes, approfondi des connaissances sur d’autres et beaucoup ri. Sans faire l’éloge de la femme remarquable, nous avons pu nous créer d’autres modèles, nous raconter d’autres histoires et possibles que ceux enseignés à l’école.

Lors d’une permanence suivante, nous avons chacune bouquiné dans notre coin. Certaines lisaient des BDs, d’autres une revue. Celles qui en avaient envie ont lu des extraits de leurs ouvrages à voix haute pour en faire profiter les autres. Le texte sur la joie de vivre du dernier Timult, nous a beaucoup touché. Dans des moments de déception, de surmenage, de doute, ce texte donne de nouvelles perspectives joyeuses de luttes et d’actions collectives possibles.
Ces moments ne sont pas des formes de réunion, ni de conférence. Chacune peut apporter un sujet, un texte, des questions et des idées pour alimenter l’échange. Nous aspirons à une bibliothèque où l’on trouve des textes universitaires, militants, des récits des expériences vécues ou encore des livres pour enfants sans hiérarchiser les
savoirs, ni mettre en concurrence les individu.e.s.

Nous ne nous limitons pas à la culture institutionnelle notre féminisme est aussi la mémoire de nos expériences, de nos échanges et de notre curiosité.

Aucun commentaire

Sorry, the comment form is closed at this time.

Suite à une reprise brève des permanances en septembre et octobre, dans le local de Quartier libre, nous nous rejouissions de l’engouement pour les permanances en mixité choisie (sans mec cis) et l’emprunts des livres feministes… nous aurions bien continué ainsi, si nous n’avions pas dû reconfiner les permanances, comme le reste de nos vies. Novembre et décembre ont donc été « en ligne » mais le principe d’arpentage en visio avait été bien apprécié au printemps, alors on a remis ça ! Et quelle bonne idée ! Trois arpentages, avec une dizaine de participant.e.s à chaque fois. Nous avons arpenté : « Le capitalisme patriarcal » de Silvia Federici sur la construction et l’analyse de la société occidentale sexiste et machiste ; « Se défendre » de Elsa Dorlin : un gros morceau ! Très complet sur l’histoires des mouvements de resistance, d’autodetermination et d’autodefense féministe et décoloniale. Un volume un peu trop conséquent pour un arpentage de 3 heures, mais ça nous a permis de comprendre en substance le contenu de l’ouvrage et nous a encouragé à y revenir pour approfondir nos lectures ! « Et Je suis un monstre qui vous parle » de Paul B Preciado, qui nous a permis d’aborder la transphobie, de parler de psychanalyse, de noter les imprécisions et maladresses de vocabulaire de notre société cisnormative. L’arpentage est un outil d’éducation populaire que nous apprécions et nous avons été enchanté.e.s de voir de nouvelles personnes rejoindre ces ateliers et s’enthousiasmer du potentiel de cet outil. Le mode « numérique » et à distance de ces ateliers n’est pas l’idéal pour tisser des liens entre nous. Les outils de visio ont leurs limites, mais c’était tout de même très chouette de vivre ces moments de lecture collective, de restitution et d’échange pendant des soirées dédiées. Cela nous donne le pouvoir de produire un savoir collectif de façon simple et non académique ou universitaire. Même si relire le livre en entier, c’est bien aussi ! Nous avons hâte de pouvoir proposer d’autres ateliers autour de la même table… L’atelier d’écriture prévu en novembre sera proposé de nouveau dès que possible. Nous avons aussi proposé des emprunts en « livraison à domicile », qui ont été bien appréciés ! Ce qui a même encouragé certaines adhérentes à prêter leurs livres perso au fond de la bibli, merci ! En bref, malgré les chamboulements, l’année n’a pas trop mal commencé pour Nanara, et on a hâte de poursuivre avec 2021 et plein d’envies à partager. Le féminisme ne se confine pas ! Merci à toustes de faire vivre Nanara, vivement la suite, ensemble ! Bisous, belle fin d’année et à très vite

Affiches sérigraphiées en soutien

hands poster

En sérigraphie on peut vraiment s’amuser avec des couleurs et en avoir pour tous les goûts ! Des poèmes de Wittig et Zeig en affiches. Dispos à prix libre en soutien à Nanara.

 

FEMINISME TRANSFRONTIERE

ManifesteFeministeTransfrontiere

Permanence en ligne

Françoise Verges

« Une féminisme décoloniale » Françoise Verges

Nanara ne peut pas assurer les permanences à Quartier Libre comme prévu, par contre on propose un arpentage des livres en ligne. Écrivez-nous sur nanara@riseup.net pour participer.

La prochaine date est le 6 avril.

Ramène ton bouquin !

Publié le 27 janvier 2020 sur Manif-est.info

Nanara propose un temps en mixité choisie [1] pour échanger autour des lectures et des discussions autour des théories, des mobilisations et la littérature. De l’économie politique jusqu’aux poèmes, en passant par la perception de nos corps et des critiques.

A la dernière permanence, nous avons eu un vive débat sur l’auto-gynécologie. Nos rapport au corps, à la santé et aux professionnels de santé. La violence médicale, des multiples discriminations lors des consultations, la domination par le savoir et le mépris sont contestées par les féministes. Ielles exigent des consultations respectueuses et le droit de savoir sur leurs corps. Des multiples sites internet regroupent des adresses des gynécos portant des valeurs féministes et des ateliers de discussions et d’utilisation de spéculums. Les connaissances partagées lors des ateliers sur les corps et les sexes créent un cadre d’appropriation de savoirs.

Les interrogations surgies des échanges étaient autour des croyances de la médecine traditionnelle et des croyances de la médecine moderne et rationnelle. D’une part, sur les esthétiques et pratiques « sorcières » et des limites de l’auto-médication, de l’autre les utopies scientifiques et des laboratoires qui ne maîtrisent guère tout ce qu’elle prétend maîtriser.

Nous sommes toujours à la recherche des livres à prix libre, des dons pour compléter notre collection. Actuellement, les livres ne sont pas empruntables. Vous pouvez les consulter sur place.

 

[1Pour Nanara, la mixité choisie se traduit par des rencontres entre les personnes touchées par les multiples dissymétries produites par les sociétés patriarcales. Les femmes, les lesbiennes, les trans, les inter-sexes, les personnes non-binaires et toutes les personnes qui ont besoin de partager autour des pensées et des écrits féministes. Les contours de cette définition restent souples et sont constamment rediscutés. La démultiplication des débats sur la discrimination de la catégorie sociale des « hommes cis » dans certains espaces politiques ne fait pas partie de nos préoccupations.

REPRISE DES PERMANENCES!!!

lundi 2 décembre reprise de la bibli-fem de 17h à 20h!
cette fois si parlons poèsie et activisme… et plein d’autres trucs si tu as envie!

puis tous les premiers lundi du mois de 2020

Weekend antinucléaire et féministe 21-22 septembre 2019

Le collectif Nanara va rejoindre la rencontre en mixité choisie contre le projet d’enfouissement à Bure. Cette rencontre a pour but de partager des réflexions autour de la résistance au nucléaire et organiser ensemble les possibles des luttes sans oppression des hommes cis.

A très bientôt !

https://bombesatomiques.noblogs.org

* Nous ne savons pas si toutes les personnes présentes à ces rassemblements se définissaient et se vivaient comme femmes cisgenre (repris sur le site du rassemblement)

Permanences reprendront en octobre

Les permanences à Quartier Libre reprendront en octobre.

Collection

La collection est constituée de livres issus de la bibliothèque de Quartier Libre, de dons des éditions et
de dons privées. Nous sommes en pleine recherche de livres, notamment des livres d’occasion à prix libre.

bell hooks, Judith Butler, Elsa Dorlin, Virginie Despentes, Leslie Feinberg, June Jordan, Audrey Lorde, Zoé Léonard, Paul Preciado, Valérie Solanas, Monique Wittig, Itziar Ziga Maria Galindo, Chimamanda Ngozi Adichie, Christine Delphy, Angela Devis, Dorothy Alisson, Liv Stromquist

et pleins d’autres auteur.e.s encore si vous avez des idées de partage ?

nanara : mai 2019

Le climat relativement froid de janvier ne nous a pas empêché de nous réunir pour entendre et exprimer nos attentes par rapport au projet.

Plusieurs personnes ont parlé de pouvoir de langage, des termes et des concepts issus des sphères universitaires intégrés dans nos discussions quotidiennes. Il était difficile de savoir si les termes utilisés n’étaient pas nouveaux pour les interlocuteur.ice.s. Personne ne connaissait leur sens exact. Comment alors les définir avec nos propres mots?
Faisant appel à nos propres expériences, lectures et imaginaires, nous les comprenons chacun.e à notre manière. Qu’est‐ce que l’intersectionnalité ? Qu’est-ce le féminisme essentialiste ou queer ? Les mots valises comme cyber‐féminisme et éco‐féminisme d’où viennent ils ? Qu’est-ce qu’on veut dire par la mixité choisie ?comprenons chacun.e à notre manière.

Nous avons rêvé de moments en mixité choisie pour lire et échanger nos idées. Pour Nanara, la mixité choisie se traduit par des rencontres entre les personnes touchées par les multiples dissymétries produites par les sociétés patriarcales. Les femmes, les lesbiennes, les trans, les inter-sexes, les personnes non-binaires et toutes les personnes qui ont besoin de partager autour des pensées et des écrits féministes. Les contours de cette définition restent souples et sont constamment rediscutés. La démultiplication des débats sur la discrimination de la catégorie sociale des « hommes cis » dans certains espaces politiques ne fait pas partie de nos préoccupations.

Le but de nos rencontres est plutôt de partir de nos identités multiples, nos parcours et nos visions du monde. Le groupe n’est pas homogène et n’est pas constant, pour laisser ainsi la possibilité de s’approprier un espace pour aborder les différents sujets concernant le genre et le sexe.

Pendant une première permanence, par exemple, nous avons lu des textes sur la jinéologie. Logie comme science et jin en kurde signifie femme, donc une science développée par les femmes kurdes pour la libération des femmes. Nous avons proposé ces lectures pour aborder les thématiques autour du patriarcat et du colonialisme. Aussi pour échanger nos critiques autour de l’essentialisme dans sa complexité. Les récits sur les luttes menées par les femmes révolutionnaires kurdes nous fascinent et intriguent. A l’échelle mondiale, ces résistances sont une bouffé d’air pour beaucoup de femmes en lutte et donnent du courage pour les révolutions à venir. Nous lisions des textes, chacune notre tour. Ensuite nous revenions sur les passages qui nous interrogeaient. Lors des échanges nous nous sommes rendu compte des différentes interprétations possibles des textes. En effet, la difficulté à saisir certaines subtilités
sans se plonger dans l’histoire sociale, politique et culturelle kurde proposait de nouveaux horizons à explorer. Certaines d’entre nous ont eu la chance de participer aux rencontres féministes internationales à Francfort en octobre 2018 et étaient attachées à ces lectures qui donnaient l’occasion de partager cette expérience.

Une autre fois, nous avons joué au jeu « Femmes de l’histoire » des Éditions Libre, pour parler des figures exclues des romans nationaux. Nous avons découvert des femmes, approfondi des connaissances sur d’autres et beaucoup ri. Sans faire l’éloge de la femme remarquable, nous avons pu nous créer d’autres modèles, nous raconter d’autres histoires et possibles que ceux enseignés à l’école.

Lors d’une permanence suivante, nous avons chacune bouquiné dans notre coin. Certaines lisaient des BDs, d’autres une revue. Celles qui en avaient envie ont lu des extraits de leurs ouvrages à voix haute pour en faire profiter les autres. Le texte sur la joie de vivre du dernier Timult, nous a beaucoup touché. Dans des moments de déception, de surmenage, de doute, ce texte donne de nouvelles perspectives joyeuses de luttes et d’actions collectives possibles.
Ces moments ne sont pas des formes de réunion, ni de conférence. Chacune peut apporter un sujet, un texte, des questions et des idées pour alimenter l’échange. Nous aspirons à une bibliothèque où l’on trouve des textes universitaires, militants, des récits des expériences vécues ou encore des livres pour enfants sans hiérarchiser les
savoirs, ni mettre en concurrence les individu.e.s.

Nous ne nous limitons pas à la culture institutionnelle notre féminisme est aussi la mémoire de nos expériences, de nos échanges et de notre curiosité.